Marc-Antoine Dagenais, T.S.

Publié le | dans la catégorie Portrait

Marc-Antoine Dagenais

Je suis travailleur social depuis trois ans et j’exerce depuis Montréal dans le domaine de la santé mentale, uniquement en mode visioconférence auprès d’une clientèle d’adolescents et d’adultes. Je fais également des conférences sur la santé mentale et je suis impliqué dans plusieurs initiatives de militance et de défense de droits.

J’ai choisi cette profession parce que je crois profondément pouvoir contribuer à ce que, collectivement, nous puissions créer un monde plus juste, plus équitable et plus humain, ce qui à mon sens constitue les fondements du travail social.

Ce qui me rend le plus fier, professionnellement, c’est ce rôle d’agent de changement social que nous incarnons. Ce que je préfère de ma profession, c’est d’avoir la chance au quotidien de voir toute la beauté, la richesse et l’unicité de chaque individu. C’est un grand privilège pour moi de pouvoir accompagner ces humains vers un mieux-être.

Mon plus grand défi professionnel est de trouver sans cesse des façons d’articuler ce changement social dans une conjoncture où, malheureusement, la société tend à individualiser les problèmes sociaux au lieu de réfléchir aux causes structurelles des différentes souffrances.

Dans ma pratique professionnelle, je fais de trois ou quatre rencontres par jour où j’aide les gens à reprendre du pouvoir sur leur vie. Je les écoute, les accompagne et je recherche, avec eux, des solutions leur permettant peu à peu de trouver un mieux-être en abordant les enjeux structurels, les conditions de vie et la défense de droits tout en leur rappelant leurs forces. Ma clientèle provient du bouche-à-oreille, de l’IVAC (un régime d’indemnisation des victimes d’actes criminels), de programmes d’aide aux employés et d’un programme qui vient en aide aux survivantes d’exploitation sexuelle. Malgré ma pratique privée, j’essaie toujours de trouver des façons de rendre ma pratique accessible aux communautés marginalisées et précarisées, incluant la communauté LGBTQIA2S+.

Cependant, là où j’ai l’impression d’articuler le mieux ma pratique du travail social, c’est dans mon implication citoyenne, dans ma militance et dans mes conférences servant à déstigmatiser et désindividualiser la santé mentale.

Si je pouvais déconstruire une idée préconçue et persistante chez le grand public au sujet des personnes qui pratiquent le travail social, ce serait de leur faire réaliser que nous ne travaillons pas uniquement en protection de la jeunesse. Le travail social intervient partout, dans une pléthore de milieux, de la naissance à la fin de vie, dans le but de permettre à chaque personne de vivre en sécurité et dans la dignité.